Comment distinguer les types de diffuseurs

Il y a plusieurs types d’acteurs/diffuseurs en arts visuels au Canada. On peut déjà en énumérer quelques-uns : galerie privée, centre d’artistes autogéré, maison de la culture (à Montréal) et centre d’exposition municipal (ailleurs), musée régional et national, boutiques privées et coopératives avec objets d’art et œuvres (qui sont différentes des galeries traditionnelles).

Les galeries privées ont toutes des façons de fonctionner différentes. Ce qui les rassemble, c’est la notion de la mise en vente. Chacune tentera de trouver sa niche : art abstrait, paysages, nouveaux médias, etc. Récemment, le Conseil des Arts du Canada a commencé à appuyer financièrement certaines galeries privées pour des initiatives particulières :

  • sensibiliser le public, au pays et à l’étranger, aux arts visuels contemporains canadiens ;
  • inciter le grand public, les sociétés privées et les établissements publics à acheter des œuvres des arts visuels d’artistes canadiens encore vivants.

De toute façon, les galeristes représentent parfois des artistes, mais pas toujours. Ils reçoivent des portfolios en personne ou par courriel. Il faut demander avant de faire l’un ou l’autre. Pour des présentations en personne, il est préférable de toujours prendre rendez-vous avec les employés de la galerie et de s’assurer que le style correspond à celui cherché par la galerie. Au Québec, on trouve quelques regroupements de galeries privées, dont l’Association des galeries d’art contemporain (AGAC), Bonjour Québec tourisme section galeries, ateliers et métiers d’art.

La plupart des centres d’artistes autogérés opèrent différemment des galeries privées. L’esprit qui motive encore la plupart en est un d’ouverture, de regroupement et d’expérimentation. Depuis la dernière décennie, les centres d’artistes ont laissé une plus grande marge de manœuvre aux commissaires pour la proposition d’expositions solo ou de groupe. La plupart des centres d’artistes font des appels de dossiers, soit un ou deux par année, pour la programmation régulière mais aussi pour des évènements spéciaux et/ou contextes particuliers. Des comités de programmation/sélection sont élus par l’assemblée générale du centre ou nommés par le conseil d’administration. Ces comités se chargent d’élaborer une programmation. Certains centres d’artistes préfèreront recevoir une proposition pour un projet en élaboration. D’autres vont choisir à partir des œuvres antérieures. Avant d’envoyer un dossier, il est important de vérifier le mandat du centre et de considérer les requêtes formulées sur l’appel et/ou le site web. Au Québec, on trouve le Regroupement des centres d’artistes autogérés du Québec qui a fait de son portail web un outil de diffusion des actualités et des appels de dossiers de ses membres. Dans le reste du Canada, on peut consulter le site de l’Association des groupes en arts visuels francophones, celui de L’association atlantique des centres d’artistes autogérés, laConférence des collectifs et des centres d’artistes autogérés, Pacific Association of Artist Run Centres, Artist-Run Centres & Collectives of Ontario, Alberta Association of Artist-Run Centres, VERRUE, Collectif des commissaires autochtones.

À Montréal se trouve un réseau original de diffuseurs en arts : les maisons de la culture (renommées : réseau Accès culture). Elles ont pignon sur rue avec en leur sein une bibliothèque, une salle de spectacle multidisciplinaire et une galerie d’exposition. ce réseau reçoit des propositions d’expositions, solo ou en groupe, de la part des artistes professionnels et d’organismes. Exemples : une commissaire pourrait proposer une exposition de groupe d’artistes acadiens de la Nouvelle-Écosse. En plus, si une expo suscite la curiosité de plusieurs maisons, elle peut être présentée dans plusieurs d’entre elles.

Il y aurait 7 musées d’art au Québec : Musée du Bas Saint-Laurent, Musée d’art contemporain de Montréal, Musée d’art de Joliette, Musée national des beaux-arts du Québec, Musée des beaux-arts de Montréal, Centre Canadien d’Architecture (Montréal), Musée régional de Rimouski. Chaque musée a un mandat différent : avant de soumettre un portfolio, il est important de vérifier l’intérêt du musée en question de présenter de l’art actuel. Par exemple, le Musée national des beaux-arts du Québec a une commissaire à l’art actuel.

Depuis quelques années, on a vu à Montréal une recrudescence des boutiques/magasins/libraires/galeries/ateliers qui vendent des multiples produits par des artistes. Ces boutiques se trouvent un peu partout à Montréal et proposent des objets, œuvres, livres, etc. en quantités limitées. Plusieurs artistes ont su trouver des niches pour leurs créations/produits artistiques dans ces endroits. Quelques exemples notoires : Monastiraki, Drawn & Quarterly, Distroboto et l’évènement annuel Expozine. Dans une classe à part, les boutiques des métiers d’art situées au marché Bonsecours proposent une panoplie de produits issus des métiers d’art, des œuvres uniques, etc.

Finalement, il y a les évènements : célébrations, manifestations, festivals, etc. À Montréal et au Québec on en trouve une panoplie dont les mandats varient énormément : de la Biennale de Montréal à laBiennale internationale du lin de Portneuf, de l’évènement Viva Art Action à la Manifestation Internationale d’Art de Québec. Ces évènements sont organisés par une équipe permanente avec parfois l’appui de commissaires invités.