Comment documenter son travail

La question de la documentation en est une des plus importantes en arts visuels. Bien sûr, l’idéal est toujours de présenter son travail en situation par l’entremise d’une exposition dans un espace dédié à la présentation d’œuvres ou lors de visites en studio. À défaut de conditions propices à la présentation des œuvres, on doit se résigner à documenter ses réalisations !

photo numérique vs diapositive
Ces dernières années, la mode dans la documentation des œuvres d’art a été le numérique. On a rapidement délaissé la diapositive pour s’approprier rapidement la caméra numérique comme moyen d’archiver et de représenter les œuvres. L’avantage immédiat du numérique a été de faciliter la manipulation de la caméra et de réduire les coûts à moyen terme en n’ayant plus de développement E6 à assurer pour chacun des rouleaux exposés.

Si elle est bien rangée, la diapositive aura une durée de vie assez longue. Selon les besoins, elle pourra être utilisée pour produire des tirages grand format de la reproduction de l’œuvre, soit pour une revue, pour un imprimé grand format ou haute résolution. Pour les intéressés, la diapositive pourra être projetée avec un lecteur approprié si l’occasion se présente !

Le numérique pourra rapidement créer une reproduction de l’œuvre. Que ce soit en photographie ou en vidéo, le numérique saura combler les besoins pressants d’images et de vidéos pour Internet, pour les dossiers d’artistes et pour les impressions papier. Le numérique peut dorénavant offrir des formats en qualité, ce qui permet de plus en plus l’impression de photos de grand format ou la reproduction dans des magazines. Bien que la qualité des caméras numériques ne cesse de s’améliorer, il faudra toujours compenser pour les zones de gris sur les photos ainsi que les zones sur- ou sous-exposées. Le numérique aujourd’hui ne reproduit pas encore avec exactitude les hauts contrastes.

la vidéo
La vidéo a pris une plus grande importance dans la documentation des projets artistiques. Avec la multiplication des services d’hébergement gratuits de vidéo et par la propension des jeunes à adopter la vidéo comme médium de choix, la vidéo a pris une place indéniable dans la diffusion/médiatisation des projets artistiques. On connaîtra un peu mieux les projets et œuvres d’art qui ont un volet d’archivage vidéo sur le web. La compréhension de la complexité des projets semble également mieux se traduire à travers ce médium.

Pour la vidéo, il faudra prévoir un hébergement web qui comprend un espace suffisant et une bande passante (débit d’information) mensuelle assez généreuse, car le visionnement de vidéos sur Internet demande énormément d’espace. Certains services d’hébergement vidéo sont offerts gratuitement sur Internet.

l’archivage et la pérennité
Pour l’archivage du travail, le numérique ne peut assurer une pérennité aussi longue que la diapositive. La diapositive est un objet physique qui se décode à l’œil nu ; le numérique est un format binaire copié sur un support qui risque de se démoder ou bien de s’effacer tranquillement. Abondent les histoires où le disque compact n’était plus lisible par l’ordinateur, le DVD plus compatible avec les nouveaux lecteurs, l’image jpg qui a perdu un pixel en cours de route, le disque dur qui a rendu l’âme…

la numérisation des diapositives
Si vous archivez votre travail en diapositive depuis belle lurette, vous avez sûrement commencé à amasser des boîtes et des boîtes de diapositives non numérisées. Montrer ce travail plus ancien devient ardu, car les projecteurs diapo dans les galeries et autres institutions ne sont pas remplacés lorsque cassés ou bien sont rangés dans le fond des armoires. D’ailleurs, la plupart des appels à propositions précisent dorénavant ne PAS inclure de diapositives au dossier.

Un long et méticuleux travail de numérisation vous attend si vous désirez remettre en circulation la documentation en diapositive de vos anciens projets. Une telle entreprise peut s’avérer incontournable si vous désirez produire une publication (papier ou Internet) ou préparer une exposition rétrospective. Il faudra trouver un scanner de bonne qualité et y investir le temps nécessaire. Vous pourriez demander au centre d’artistes autogéré près de chez-vous s’il offre à ses membres un tel outil. Sinon, un achat en groupe permettra à tout le monde de bénéficier de l’outil. Ou tout simplement confier le travail à un laboratoire compétent et espérer qu’il ne demandera pas 50$ par numérisation…

Ce n’est que récemment que les laboratoires photo ont commencé à offrir la possibilité de numériser en grand format (à un coût raisonnable) les diapositives parallèlement à leur développement. Vous aurez de la sorte le meilleur des deux mondes : la saturation des couleurs produite par le film et la maléabilité du numérique. Il vous restera le support physique qui perdurera si convenablement rangé !